Le purin d'ortie : l'engrais gratuit qui pue mais qui marche
Vos plantes ont une mine de papier mâché ? Votre budget jardinage ressemble à celui d’un petit État ? Le purin d’ortie est la solution. Cet engrais naturel est gratuit, ultra-efficace, et sent tellement mauvais que même votre compost se sent jaloux. Mais bon, entre des tomates magnifiques et une fragrance de parfumerie, il faut choisir.
Pourquoi le purin d’ortie est un super-héros du jardin
Le purin d’ortie, c’est comme un cocktail vitaminé pour vos plantes. Ces mauvaises herbes qui vous piquent les chevilles cachent un trésor nutritif : azote, fer, magnésium, calcium, potassium… Bref, la table périodique version potager. L’azote booste la croissance et donne ce vert éclatant aux feuilles. Le fer prévient la chlorose (quand les feuilles jaunissent façon malade). Et tout ça macère gentiment dans de l’eau pour créer un élixir de jouvence végétal.
En prime, ce jus fermenté a des propriétés répulsives contre les pucerons et autres squatteurs indésirables. C’est l’engrais qui fait aussi office de videur. Polyvalent, on vous dit.
La recette du bonheur nauséabond
Ce qu’il vous faut
- 1 kg d’orties fraîches (avec ou sans les racines, on n’est pas difficile)
- 10 litres d’eau de pluie (l’eau du robinet fonctionne aussi, mais l’eau de pluie c’est la classe)
- 1 grand seau en plastique avec couvercle (le métal risque de rouiller, mauvaise idée)
- 1 bâton pour touiller
- 1 passoire ou un vieux collant (pour filtrer)
- Du courage olfactif
Étape 1 : La récolte des orties
Partez en expédition avec des gants (sauf si vous aimez les sensations fortes). Récoltez des orties avant la floraison, c’est là qu’elles sont les plus riches en nutriments. Cueillez les jeunes pousses et les tiges tendres. Les vieilles orties dures comme du bois, laissez-les tranquilles. Un kilo, ça fait un bon sac de courses rempli à ras bord.
Astuce : Choisissez un coin loin des routes pour éviter les orties parfumées aux gaz d’échappement. Bio jusqu’au bout, c’est mieux.
Étape 2 : Le grand bain
Hachez grossièrement vos orties (pas obligatoire, mais ça accélère la macération). Jetez-les dans votre seau. Ajoutez 10 litres d’eau. Ratio à retenir : 100 grammes d’orties pour 1 litre d’eau, soit 1 kg pour 10 litres. C’est mathématique, même un poisson rouge peut s’en souvenir.
Mélangez le tout comme si vous faisiez une potion magique dans un chaudron. Parce que finalement, c’en est une.
Étape 3 : La macération (ou l’art de la patience)
Placez votre seau dans un coin du jardin, idéalement loin de la terrasse où vous prenez l’apéro. Pourquoi ? Parce que dans quelques jours, ça va sentir le marais en décomposition. Fermez le couvercle (laissez juste un peu d’air pour la fermentation) et attendez.
Remuez votre mixture tous les jours pendant 10 à 14 jours. Oui, tous les jours. C’est comme nourrir un Tamagotchi, mais version jardin et version puant. Au début, ça fait de la mousse. Après une semaine, la mousse disparaît et l’odeur atteint son apogée. Quand le liquide devient bien foncé et que la fermentation s’arrête (plus de bulles), c’est prêt.
Indicateur infaillible : Si votre voisin commence à faire des remarques sur une odeur d’égout, c’est bon signe. Votre purin fermente comme il faut.
Étape 4 : Le filtrage
Filtrez votre jus d’ortie avec une passoire ou un vieux collant. Jetez les résidus d’orties au compost ou en paillage au pied des plantes. Versez le liquide filtré dans des bouteilles ou bidons en plastique. Étiquetez bien : “Purin d’ortie - Ne pas boire” (ça paraît évident, mais on ne sait jamais).
Comment gérer l’odeur (sans déménager)
Soyons honnêtes : le purin d’ortie sent le poney mouillé mélangé à de l’égout. C’est puissant. Voici comment limiter les dégâts olfactifs :
- Placez votre seau loin de la maison, idéalement derrière le garage ou au fond du jardin
- Ajoutez une poignée de lithothamne (algue calcaire en poudre) dans la préparation pour réduire l’odeur
- Fermez bien le couvercle entre chaque touillage
- Remuez tôt le matin avant que tout le quartier ne soit réveillé
- Prévenez les voisins si vous êtes en bon terme : “Je fais du purin d’ortie, désolé pour l’odeur”. Au moins, ils ne chercheront pas leur chien mort dans leur jardin.
L’odeur disparaît après dilution et application. C’est juste pendant la fabrication que c’est… vivant.
Mode d’emploi : dilution et application
Le purin d’ortie pur, c’est comme de la vodka pour vos plantes : trop fort, ça brûle. Il faut toujours diluer avant utilisation.
En arrosage (engrais)
Diluez à 10% (1 litre de purin pour 9 litres d’eau). Arrosez au pied des plantes toutes les 2 semaines pendant la période de croissance. C’est parfait pour :
- Les tomates, aubergines, courgettes (les gourmandes du potager)
- Les salades, épinards, choux (tout ce qui aime l’azote)
- Les plantes d’ornement en phase de croissance
- Les jeunes plants qui ont besoin d’un coup de boost
Fréquence : Une fois tous les 15 jours de mai à septembre. Après, vos plantes ont besoin de se calmer pour l’hiver.
En pulvérisation (répulsif anti-pucerons)
Diluez à 5% (1 litre de purin pour 19 litres d’eau). Pulvérisez sur le feuillage, de préférence le soir pour éviter de brûler les feuilles au soleil. Les pucerons détestent l’odeur et préfèrent déménager. Renouvelez l’opération chaque semaine en cas d’attaque sévère.
Astuce : Pulvérisez aussi préventivement au printemps sur les rosiers et les fèves, champions toutes catégories d’attraction de pucerons.
Les erreurs à éviter (pour ne pas tuer vos plantes)
Ne surdosez pas. Trop de purin = brûlure racinaire. Respectez les dilutions, ce n’est pas négociable. Plus fort n’est pas mieux, c’est juste toxique.
N’utilisez pas d’orties montées en graines. Vous risquez de semer des orties partout dans votre jardin. Et ça, c’est l’effet inverse de ce qu’on recherche.
Ne stockez pas éternellement. Le purin se conserve plusieurs mois dans un bidon fermé, à l’abri de la lumière. Mais au-delà de 6 mois, il perd de son efficacité. Mieux vaut en refaire régulièrement.
N’en mettez pas sur les semis fragiles. Les jeunes pousses tout juste sorties de terre sont trop sensibles. Attendez qu’elles aient quelques vraies feuilles avant de les gaver d’azote.
Conclusion : osez la fermentation qui pue
Le purin d’ortie, c’est le deal parfait pour le jardinier malin : zéro euro, 100% efficace, et totalement écologique. Oui, ça sent le marécage en fermentation. Oui, vos voisins vont peut-être faire une drôle de tête. Mais vos plantes vont exploser de vitalité, vos tomates seront magnifiques, et votre porte-monnaie restera intact. Entre nous, c’est un sacrifice olfactif largement supportable. Alors enfilez vos gants, partez cueillir des orties, et lancez-vous dans la grande aventure du purin maison. Vos légumes vous remercieront, même si votre nez, lui, aura besoin de temps pour pardonner.
Des astuces de grand-mère pour un quotidien plus simple